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Débordement émotionnel

Mis à jour : 3 sept. 2019




Crises de colère, flots de larmes sans raisons, les émotions peuvent rapidement envahir une personne, prendre le pouvoir sur elle et rendre sa vie infernale.


Tout d’abord, il est toujours utile de rappeler que les émotions ne sont pas des symptômes ou des éléments indésirables dont il faudrait se débarrasser. Ceux qui le voudraient ne le pourraient pas et ceux qui ont essayé en ont payé les frais !


Le problème est le suivant : plus on veut contrôler ses émotions, plus elle se font pressantes, parfois jusqu’à devenir tyranniques …


Et quand on pense les contrôler dans la réalité, elle reviennent s’exprimer au travers de symptômes somatiques, tels que des brûlures d’estomac, et toute la panoplie typique des Reflux Gastriques Oesophagiens ou bien par des grincements des dents comme dans le bruxisme etc, etc … Jetez les par la porte elle reviennent par la fenêtre !


Alors oui, il faut apprendre à vivre avec, les accepter car elles font parties de nous, mais soyons honnête, dans la vie sociale elles ne sont pas toujours les bienvenues, surtout quand elles deviennent très intenses et rendent la vie infernale à l’entourage.

En réalité, l’enfer ce n’est pas l’entourage mais plutôt la personne qui est submergée qui le vît. Culpabilité, peur du jugement, conflits, séparations et autres désagréments difficiles à vivre. Et toujours cette impression d’impuissance qui rajoute de la frustration et fini par faire perdre confiance en soi…


Si les émotions sont tout à fait normales, c’est leur intensité qui va délimiter la frontière avec ce qu’on appelle le « pathologique ».


Bien souvent, et pour ne pas dire comme toujours, un comportement ou une action qui échappe au contrôle et provoque ainsi du déplaisir relève du domaine énigmatique de l’inconscient.


Dans la majorité des cas, les personnes qui ont tendance à s’emporter trop facilement ou ont des réactions excessives, disproportionnées sont des personnes qui tentent de régler dans leur vie actuelle des histoires qui appartiennent au passé...


Pour être plus précis, dans ces cas-là, une émotion qui n’a pas trouvé moyen de s’exprimer dans une situation précise et justifiée va trouver à s’exprimer quoiqu’il arrive, en s'emparant d’une autre situation beaucoup moins justifiée et paraissant donc incohérente pour tout le monde.




Je vous propose, pour faciliter la compréhension de l’article, de nommer la situation d'origine qui est justifiée , situation réelle, et, la situation actuelle non adaptée, situation de remplacement.


Pourquoi l’émotion s’exprime-t-elle dans une situation de remplacement inadaptée, plutôt que dans la situation réelle adaptée ?


Parce que la situation réelle ne permet pas la « décharge » de l’émotion.

Imaginez que votre employeur vous mette la pression au travail et que vous ne puissiez rien dire de peur de vous faire licencier, quand vous rentrez chez vous le soir vos proches risquent de subir votre agressivité contenue toute la journée. Ici la colère n’a pu être déchargée dans la situation réelle. Dans cet exemple-là, il n’y a pas trop de difficultés à trouver la source, la fameuse situation réelle.

Maintenant prenons un autre exemple : Votre père tombe subitement malade et a besoin de vous, mais il empiète sur votre vie sociale, ce qui vous dérange et vous énerve car vous aviez vos habitudes et devez faire des concessions. De suite la situation est beaucoup plus compliquée, car il est difficile d’admettre son énervement, sa colère et son agressivité peut-être. Non seulement il s’agit d’un proche mais en plus des sentiments, l’éthique et la morale viennent s’en mêler. Comme vous le savez maintenant, si l’émotion n’est pas admise, elle est "refoulée" et donc susceptible de resurgir à tout moment et dans n’importe quelle situation de remplacement. En fait, pour être plus précis, ce n'est pas l'émotion qui est refoulée , mais sa représentation, et c'est là tout le problème, l'émotion reste présente et pressante ( pour simplifier la compréhension il n'est pas nécessaire ici de dissocier émotion et représentation ).


Il vous faudra donc entamer une psychothérapie pour trouver le courage de mettre votre père à la porte ? Non, bien entendu. À moins que ce ne soit vraiment ce que vous vouliez.... Mais à aucun moment le thérapeute ne prendra de décision à votre place, c’est contraire à la profession. Il est simplement un accompagnant et non un décideur. Un thérapeute n’est pas un coach, ni un copain … c’est un thérapeute ! Il vous donne les clés, mais c'est vous qui ouvrez les portes.


Quand on ressent la nécessité d’entamer un travail sérieux, nous débutons un processus de découverte de nous-même au travers de prises de consciences. Le but est d’arriver à une connaissance de soi suffisante pour permettre de faire nos propres choix avec tous les éléments nécessaires.

Une fois la situation réelle découverte, les schémas de pensées et les comportements se réorganisent automatiquement donc les choses se remettent en place.

Bien souvent l’investigation analytique remonte assez loin dans le passé, dans l’enfance.

Pour en comprendre la raison je vous propose de reprendre l’exemple cité plus haut et je pose simplement les deux questions suivantes :

- Pourquoi une personne aura plus ou moins d’agressivité à l’encontre de son père à ce moment?

- Pourquoi une personne aura besoin de refouler cette agressivité et une autre, non ?


Il y’a donc des éléments plus profonds à comprendre dans l’histoire personnelle de chacun.


Dans certains cas plus compliqués, la situation réelle remonte très loin, à un âge très précoce dont la personne ne se souvient plus. Plus la problématique est ancienne, plus elle profonde et tenace car l'individu s'est construit avec elle. Le thérapeute parviendra à saisir cette problématique au travers du transfert (relation patient/psy), interprétation des rêves et toutes autres expressions directes de l’inconscient, afin de réparer sa relation d'objet.


Pour finir, je me souviens d’un séminaire auquel je participais et dans lequel un intervenant disait à peu près ceci : « Toute émotion non acceptée devient un problème, qui menace de revenir hanter l’individu ».


Même si dans l'idée la dynamique est juste, je ne suis pas tout à fait d’accord avec cela...


Si une émotion revient de manière incessante, ce n’est pas pour « hanter » l’individu, mais pour le « prévenir » d’un désordre psychique installé ou qui est en train de se mettre en place. Je dirais donc plutôt : « Une émotion débordante n’est pas un problème, mais plutôt une tentative de solution. »


L’inconscient n’est pas un ennemi extérieur, mais un allié intérieur.

En fait l’inconscient, c’est vous !