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L'été, les amours, et vous?

Mis à jour : 18 mai 2019


Ces temps-ci j'entends beaucoup de questions autour du célibat. Surement en rapport avec l’été qui approche, la chaleur, les vacances, les soirées entre amis et tout le reste … Le célibat inquiète, et ce d’autant plus que l’on prend de l’âge. La trentaine passée, toujours pas de relation sérieuse, pas d’enfants et rien de rassurant qui se profile à l’horizon.

Pour commencer, nous pourrions très bien déconstruire l’idée culturelle du « couple », ou encore lister les points positifs du célibat pour rassurer les lecteurs, mais nous préférons laisser cela aux magazines « psychologies » et « Marie-Claire » (qui le font très bien !).

Ici nous allons parler des mécanismes profonds qui régissent vos comportements et non vous caresser dans le sens du poil avec des titres accrocheurs, jolis certes, mais qui ne vous aideront pas à vous comprendre et vous remettre en question, donc d’avance, désolé…





LE CLAN FAMILIAL


« Partager sa vie », « commencer une relation sérieuse », « fonder une famille » autant de situations (presque) anodines en apparence, mais qui réactivent mécaniquement des affects puissants profondément enfouis en nous. Avant d’envisager construire son « clan familial » en tant qu’adulte il faut déjà être sorti de son « clan familial » en tant qu’enfant, ou autrement dit pour partager sa vie, commencer une relation sérieuse, ou fonder une famille il faut être prêt, c’est-à-dire avoir fait le deuil de sa vie passée, et cela n’est pas si simple….

Vous êtes sûr que cela ne vous concerne pas et que vous êtes prêt n’est-ce pas ?


Exactement comme tous les gens qui décident de commencer une analyse…….. Et qui finissent par prendre conscience du fossé qui existe entre ce qu’ils croient vouloir d’un côté et ce qu’ils veulent réellement de l’autre. La fameuse dichotomie conscient/inconscient…


Pour revenir à la notion de deuil, elle est capitale en psychanalyse. Vous n’imaginez pas tout ce qui se passe dans la tête d’un psy lorsqu’il entend le mot deuil ! Il est capable de remonter à vos premières expériences vécues de « perte », et faire des liens entre l’adulte qui ne parvient pas à se mettre en couple (à faire le deuil de son clan familial) et l’enfant qui ne parvient pas à accepter le sevrage (le deuil du sein ou du biberon) par exemple. Vous ne suivez pas ? C’est très simple. Le processus de deuil est un chemin vers l’acceptation de la perte, « faire le deuil de » c’est accepter de « vivre sans » quelque chose, ou quelqu’un. Dans le développement de chaque individu, l’enfant passe par multiples expériences de perte (sevrage, séparation etc…) qui sont normales mais vécues différemment selon l’histoire de chacun. Une fois adulte, ces expériences précédentes de deuils, selon qu’elles se soient bien passées ou non, vont conditionner les expériences de deuils actuels. Voilà pourquoi votre incapacité à vous mettre en couple peut prendre racine très tôt dans l’enfance.


Mais comment, en thérapie, parvient-on à remonter ces expériences dont vous-même ne vous souvenez pas ? Tout simplement en dialoguant avec votre inconscient. Au travers de l’interprétation de vos rêves, fantasmes (ce n’est pas du tout ce que vous croyez) et la technique de l’association libre par exemple, mais aussi par ce que nous appelons le transfert. Il me faudrait un article complet pour vous détailler tout cela.


L’IDENTIFICATION PROJECTIVE

" Je ne trouve personne parce que j'ai mauvais caractère"
" Je ne tombe que sur des salauds "

Nous avons l’habitude en consultation d’entendre toutes sortes de prétextes ou phrases type de ce genre. Je vous réponds aussitôt : pourquoi avez-vous mauvais caractère ? Pourquoi tombez-vous systématiquement sur des salauds (et pas votre copine) ? Mais également pourquoi votre salaud pourquoi l’est-il avec vous et pas avec son ex dont il est encore amoureux ? etc, etc


Il est donc temps de vous parler de l’identification projective (n’ayez pas peur, ça va bien se passer).


L’identification projective est un mécanisme de défense psychique. Comme tout mécanisme de défense, il est inconscient (je vous expliquerai mieux ces mécanismes dans un article dédié). Expliquer sa nature ou sa genèse ne nous serait ici d’aucune utilité, je vous dirais donc simplement que son mode opératoire consiste à manipuler l’autre de l’intérieur (ou extérieur selon comme on se place) et de manière inconsciente afin de le rendre comme nous voulons qu’il soit.


Ce qui veut dire que peut-être votre mauvais caractère est le meilleur moyen (inconscient) que vous ayez trouvé pour faire fuir vos compagnons vu que vous n’êtes pas encore prêt(e) à "partager votre vie ".

Peut-être que vous ne tombez que sur des salauds parce que vous savez très bien les choisir (la façon dont il vous a abordé, dont il se comporte avec les autres etc.. sont de très bons indicateurs non verbaux que vous savez détecter inconsciemment).

Tomber sur un salaud est le meilleur moyen de ne pas s’engager dans une relation.


Faites le deuil de votre « clan familial enfant » et votre mauvais caractère disparaîtra automatiquement, vous ne tomberez plus sur des salauds non plus, c’est mathématique (enfin presque) !



Le but n’est pas de vous culpabiliser (trop tard), mais de vous faire prendre conscience que les ressorts profonds qui régissent vos relations sont inconscients.


J’ai pris ici de manière simplifiée le cas du deuil en rapport avec la perte liée au sevrage mais j’aurais très bien pu parler d’identification au mauvais objet, de troubles post-traumatiques, de culpabilité œdipienne, de chantage affectif, d’angoisse de castration et de bien d’autres raisons inconscientes de ne pas trouver l’amour cet été.


La bonne nouvelle est que les solutions sont en vous (il suffit de les trouver) et que personne n’est incapable de changer !